Costa Rica – Secteurs porteurs
L’agriculture
Sur le plan des produits exportés, les cultures phares du Costa Rica sont les bananes et les ananas : en 2022, ces deux produits représentaient chacun environ ~41 % de la valeur des exportations agricoles nationales (soit ~13,2 % de l’ensemble des exportations du pays) pour l’ananas, et ~42,7 % pour la banane. Par ailleurs, pour l’ensemble des agro-alimentaires (produits agricoles et issus de l’agro-industrie), on estime qu’ils représentaient ~37 % de la valeur des biens exportés. En termes de marchés principaux, les États-Unis et le Canada figurent parmi les premiers clients, de même que l’Europe et l’Amérique du Sud. Ceci montre que le Costa Rica a su orienter ses productions agricoles vers l’export, avec des cultures stratégiques à forte valeur ajoutée et des débouchés internationaux bien définis.
En ce qui concerne les besoins en matière d’agriculture de précision, le Costa Rica est en pleine mutation vers un modèle agricole plus connecté et efficient. Des initiatives récentes montrent l’installation de serres « intelligentes » équipées de capteurs de lumière, humidité, température, ventilation automatisée, grâce à un projet conjoint entre le Banco Centroamericano de Integración Económica (CABEI) et la Corée du Sud. De plus, un rapport sur l’agritech au Costa Rica indique que les technologies de précision (drones, imagerie, connectivité, blockchain) sont en croissance mais rencontrent encore des freins (coûts, infrastructure en zone rurale, formation) : les besoins portent sur – machines agricoles modernes dotées de guidage/automatisation – semences de haute performance adaptées au climat tropical et résistantes aux maladies (comme pour la pomme de terre) – intrants (fertilisants, pesticides, irrigation) mieux calibrés grâce à la télédétection et aux plateformes de gestion de données. L’enjeu est d’augmenter la productivité tout en réduisant l’usage des ressources (eau, fertilisants, pesticides) et l’impact environnemental, et de permettre aux petits et moyens producteurs de s’insérer dans ce schéma de modernisation.
Les énergies renouvelables, des opportunités grandissantes
Si les pays d’Amérique latine et des Caraïbes souffrent de pénuries de combustibles fossiles, ils possèdent toutefois une multitude de sources d’énergies renouvelables attractives. Afin de répondre à ses besoins énergétiques, une grande partie de la région exploite déjà son impressionnante capacité en énergies hydraulique et géothermique. On remarque actuellement dans la région une envie de développer d’autres formes d’énergies renouvelables, en particulier les énergies solaire et éolienne, ainsi que la bioénergie, qui sont toujours inexploitées.
La matrice électrique costaricaine est donc largement dominée par les renouvelables, notamment l’hydroélectricité (70 % environ) complétée par géothermie, éolien, biomasse et solaire. Au plan national, le VII Plan Nacional de Energía 2015‑2030 fixe les grandes orientations : accroître les capacités renouvelables, promouvoir l’efficacité énergétique, le développement des réseaux de distribution, et l’autoconsommation. Parmi les projets majeurs récents :
- Une procédure d’appel d’offres (en 2025) pour installer 100 MW de centrales photovoltaïques dans la province de Puntarenas, afin de diversifier l’approvisionnement et de renforcer la résilience face à la variabilité climatique.
- Le lancement d’une stratégie nationale de l’Hydrogène vert (« Green Hydrogen ») qui vise à tirer parti de la forte part de renouvelables pour produire de l’hydrogène à faible émission, avec une capacité visée de jusqu’à 6 millions de tonnes/an d’ici 2030.
Depuis l’entrée en vigueur du volet commercial (1er octobre 2013) de l’Accord d’Association entre l’Union Européenne et les pays d’Amérique Centrale, les barrières douanières des dispositifs médicaux ont été partiellement diminuées. Ces produits représentent la source principale d’exportations du pays. Résultat : le Costa Rica est le second pays d’Amérique latine à exporter des dispositifs médicaux (après le Mexique). Les principaux clients sont les Etats-Unis (55.7%), les Pays-Bas (10,8%), la Belgique et le Luxembourg (8,7%) et le Japon (6,1%). Il dispense également de bonnes formations à la fabrication et à la manutention des dispositifs médicaux de classe 1 à 3 (la classe 1 étant la plus basique), permettant une plus grande sensibilisation aux produits et matériaux médicaux de haut niveau provenant de l’étranger.
Le tourisme est un pilier clé de l’économie costaricienne. Selon des données de l’OCDE, le tourisme représentait directement environ 5 % du PIB en 2022. Toutefois, quand on inclut les effets indirects (chaînes de valeur, emplois connexes), cette part monte à 12-13 % du PIB. Ce poids prépondérant traduit combien l’arrivée des touristes, les dépenses qu’ils génèrent et le développement d’infrastructures dédiées constituent un important moteur de croissance, notamment pour les zones rurales, côtières ou volcaniques du pays.
Le gouvernement costaricien a lancé en 2022 le Plan Nacional de Turismo 2022‑2027 qui fixe comme objectifs : atteindre ~3,8 millions de touristes internationaux et ~4,9 milliards USD de revenus d’ici 2027. Ce plan repose sur trois piliers : la durabilité, l’innovation et l’inclusion. Parmi les projets concrets figurent :
- Le développement de nouvelles infrastructures touristiques (quais, accès aux parcs, zones peu visitées) pour diversifier l’offre.
- Le renforcement du tourisme domestique et régional afin de lisser l’activité tout au long de l’année et de mieux répartir les flux.
- La valorisation du tourisme durable en tant que marque de pays, en lien avec la biodiversité et les parcs naturels.
Ces initiatives montrent que le tourisme reste « économiquement porteur » pour le Costa Rica, mais qu’il entre désormais dans une phase de consolidation et de modernisation. Un défi majeur sera de poursuivre la croissance tout en évitant la surexploitation des ressources naturelles et en renforçant les circuits inclusifs pour les communautés locales.
- Conseils aux entreprises
Informations culturelles
Données générales
- La famille est très importante pour les Costaricains, ainsi que les relations sociales et le travail. Religion et société sont intimement liées.
- La société Costaricaine peut être considérée comme machiste, en particulier dans les milieux ruraux. Les hommes occupent la plupart des postes décisionnels. Les différences sociales sont également marquées, mais pas autant que dans certains autres pays latino-américains.
- Les Costaricains ont tendance à être taquins et à utiliser des surnoms peu flatteurs basés sur les caractéristiques physiques, ne vous en offusquez pas.
Premier contact et conversation
- La famille est un bon sujet de conversation avec les Costaricains, qui seront sans doute également très contents de parler avec vous, de vos origines, des particularités de votre pays, etc. N’hésitez pas à poser des questions sur le Costa Rica ou sur la politique. Évitez par contre de parler d’argent sauf si cela est absolument nécessaire.
- Au Costa Rica, les distances sociales sont réduites : les gens sont souvent physiquement très proches les uns des autres, n’y voyez pas un envahissement de votre espace vital.
- Serrez la main de vos interlocuteurs lors de la première rencontre.
- Si vous vous adressez à un supérieur ou à une personne plus âgée, et, plus globalement, à une personne que vous rencontrez pour la première fois, utilisez Usted et Don ou Doña avant son prénom. La forme Usted sera utilisée dans la plupart des conversations, même avec vos collègues.
- En Amérique latine, WhatsApp est un outil de communication très largement utilisé. Il n’est pas rare que les échanges professionnels se fassent plus facilement via WhatsApp que par courriel. Si ce mode de communication peut sembler informel, il constitue en réalité un canal incontournable dans le monde des affaires, y compris pour des contacts de haut niveau. Cela n’empêche évidemment pas, à l’issue d’un échange fructueux sur WhatsApp, de formaliser et de confirmer par écrit les éléments convenus par e-mail.
Code vestimentaire et social, ponctualité et formalité
- Il est approprié, dans un contexte professionnel, de se vêtir de manière classique et soignée.
- Même si les Costaricains ont tendance à avoir une conception assez floue de la ponctualité, celle-ci reste un signe de respect dans les milieux d’affaires (surtout de la part d’un Occidental, dont on sait qu’il a l’habitude de respecter les horaires chez lui).
Établir et gérer les relations d’affaires
- La culture Costaricaine privilégie les relations humaines. Le fait d’être un ami vous aidera plus que le fait d’être un client. Établissez une relation personnelle avant la relation d’affaires.
- Gardez à l’esprit que le contact visuel est une marque de franchise et d’honnêteté, en particulier dans les affaires.
- Ne soyez pas étonné que, lors d’une conversation, quelqu’un vous touche l’épaule ou le bras ; les habitants du Costa Rica sont très expressifs et proches de leurs interlocuteurs.
- Les Costaricains ont tendance à éviter les sujets qui fâchent, ainsi qu’à ne pas révéler leur malaise, leur ignorance ou leur refus directement afin de rester poli. Restez attentif à tout signe révélateur.
- La joie ou toute autre émotion positive est, par contre, couramment exprimée, verbalement ou gestuellement.
- Les milieux professionnels sont très hiérarchisés, toutes les décisions sont prises par les responsables, qui sont aussi souvent la source des propositions.