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Luxembourg – Secteurs porteurs

L’aérospatial

Le Grand-Duché est devenu un acteur incontournable sur la scène européenne et même mondiale. L’industrie aérospatiale au Luxembourg s’est développée autour de la Société Européenne des Satellites (SES), l’un des plus grands opérateurs de satellites géostationnaires au monde, créée en 1985. Des dizaines d’années plus tard, le Grand-Duché est devenu un Etat membre à part entière de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et en 2018, il a créé sa propre agence spatiale, la Luxembourg Space Agency (LSA). Placée sous l’autorité du Ministère de l’Economie, cette dernière entend favoriser le développement commercial et la création de valeur économique et d’emplois dans le secteur spatial, en tirant notamment parti des opportunités liées au « New space », en particulier dans le domaine de l’exploration et de l’utilisation des ressources issues de l’espace (« Space Mining », exploitation des astéroïdes et autres « Near Earth Objects »). Ayant l’ambition de devenir un hub européen en la matière, le Luxembourg a lancé l’initiative SpaceResources.lu et mis en place un cadre légal unique en Europe, offrant une sécurité juridique aux entreprises du secteur en leur accordant le droit d’extraire des minéraux, de l’eau et d’autres ressources, en particulier sur des astéroïdes.

Parmi les principaux acteurs de l’écosystème spatial figurent le GLAE (Groupement luxembourgeois de l’aéronautique et de l’espace), le EuropeanSpaceResources Innovation Centre (ESRIC), créé au sein du LIST, ou encore l’Université du Luxembourg (qui a lancé en 2019 un « Interdisciplinary Space Master »). Le gouvernement a par ailleurs signé, en juillet 2025, un accord avec Poudrerie de Luxembourg SA et CDCL Groupe SA pour la construction d’un Space Campuset son aménagement au sein du ParcLuxite à Kockelscheuer. Le Space Campus sera destiné à regrouper les acteurs du secteur spatial tant international que luxembourgeois sur un même site afin de favoriser la croissance des entreprises du secteur et à stimuler les coopérations et collaborations entre les différents acteurs publics et privés. À terme, il accueillera le siège de la Luxembourg Space Agency et son futur incubateur, des laboratoires techniques ainsi qu’un centre de tests.

Le Luxembourg a par ailleurs renouvelé ses ambitions en matière de développement du secteur spatial civil ainsi que l’enveloppe financière y relative en adoptant une stratégie spatiale revisitée pour la période 2023-2027, dotée d’un budget de 256 millions d’euros (en hausse de 21,6% par rapport à la période précédente). Cette stratégie est placée sous le signe de la durabilité (des activités économiques ; des activités sur Terre ; des activités dans l’espace ; et via une utilisation durable des ressources de l’espace).

Le numérique

La digitalisation et les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont l’une des priorités du gouvernement luxembourgeois, bien conscient de l’avantage compétitif que représentent des technologies et infrastructures numériques de pointe. Le Luxembourg excelle notamment en matière d’offre de services publics numériques.  Au cœur de la stratégie visant à positionner le pays comme un pionnier du digital et comme un lieu d’implantation privilégié pour les entreprises du secteur numérique figurent les domaines suivants :

  • L’intelligence artificielle (IA) : le Luxembourg est le premier pays européen à avoir établi un partenariat public-privé autour de l’IA, en créant en 2019 un laboratoire commun de recherche permettant une étroite collaboration entre la communauté scientifique luxembourgeoise (dont notamment le Centre interdisciplinaire pour la sécurité, la fiabilité et la confiance/SnT de l’Université du Luxembourg et le Luxembourg Institute of Science and Technology/LIST) et la société américaine Nvidia.
  • Le traitement des données et le calcul haute performance (« High Performance Computing » – HPC) : le Luxembourg dispose d’un superordinateur, capable de traiter de gros volumes de données et d’effectuer des calculs complexes à grande vitesse dans des domaines tels que la modélisation et la simulation, l’analyse de données et l’intelligence artificielle. D’une puissance de calcul de 10 pétaflops (soit 10 millions de milliards d’opérations par seconde), « MeluXina » se classe parmi les 50 meilleurs calculateurs haute performance du monde, mais aussi parmi les meilleurs systèmes en termes d’efficacité énergétique puisqu’il est alimenté par de l’énergie verte. Il s’intègre au réseau européen EuroHPC, dont le siège est au Luxembourg. Accessible tant aux entreprises (en particulier PME et startups) qu’aux acteurs de la recherche (par exemple en e-health), MeluXina est hébergée à Bissen.
  • La cybersécurité : la sécurité de l’information est considérée par le Luxembourg comme un facteur d’attractivité économique majeur, le pays souhaitant demeurer une destination de choix pour l’hébergement de données sensibles nécessitant un environnement de confiance. Un écosystème mature, « Cybersecurity Luxembourg », composé d’opérateurs tant publics que privés, s’est développé autour des 318 entreprises – dont 68 startups – et des milliers d’emplois que compte aujourd’hui le secteur, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeurs (détection/identification/protection/récupération/réponse). Le portail national Cybersecurity.lu recense les acteurs de cet écosystème ainsi que son actualité.

Le secteur automobile et la mobilité

Le secteur automobile luxembourgeois (comprenant les fournisseurs de premier et second rang de l’industrie automobile ainsi que les fournisseurs de technologies innovantes liées à la mobilité) représente près de 700 entreprises, dont la moitié compte moins de 10 employés, et dont l’âge moyen tourne autour de 16 ans. Aux côtés d’entreprises opérant à l’échelle mondiale telles que Goodyear, IEE, Delphi BornWarner ou encore Webasto, on dénombre  47startups, spécialisées dans les technologies du big data, de l’impression 3D, en robotique ou encore en analyse de données. La R&D est en effet très présente vu les défis liés à la mobilité du futur (en particulier en matière de digitalisation et de décarbonation). Parmi les initiatives soutenant cette dynamique, le Luxembourg Automobility Cluster, qui entend favoriser l’innovation et le développement d’affaires entre les acteurs, ou l’Automobility Campus, créé à Bissen en 2016, qui se veut un laboratoire à ciel ouvert et vise à soutenir les collaborations entre entreprises et instituts de recherche publics (autour de l’électromobilité, des pneus intelligents, …), et ce afin de consolider la compétitivité du secteur national des sous-traitants automobiles.

La finance

Premier centre européen de fonds d’investissement et premier centre de banque privée dans la zone euro, le Luxembourg est aujourd’hui une place financière internationale, offrant des produits et services diversifiés, et accueillant des infrastructures clés du marché des capitaux, permettant de connecter les investisseurs internationaux à l’Europe et les investisseurs européens au reste du monde. Son écosystème financier lui a par ailleurs permis de développer un haut niveau d’expertise dans plusieurs domaines tels que :

  • La finance durable, via le développement de produits financiers respectant les critères « Environmental Social and Governance » (ESG) et la création du Luxembourg Green Exchange, première bourse verte et leader mondial sur le marché avec près de la moitié des obligations vertes cotées.
  • La technologie financière : le Luxembourg héberge de nombreuses sociétés de paiement et de commerce électronique (dont des acteurs majeurs tels que PayPal et Amazon) et compte un écosystème solide de soutien aux startups FinTech (dont la LHoFT, plateforme luxembourgeoise dédiée à la FinTech).
  • La finance islamique : le Grand-Duché est le premier centre de fonds islamique en Europe et le 6ème au monde.
  • Les fonds d’investissement Renminbi : le Luxembourg détient la principale part du marché mondial en fonds d’investissement investissant en Chine continentale (42,3%) et fait office de centre européen continental pour 7 banques chinoises.

Les technologies de la santé

Face aux défis du vieillissement, du manque de personnel et d’infrastructures médicaux et de la propagation des maladies chroniques, le Luxembourg entend se positionner comme l’un des leaders mondiaux dans le secteur des technologies de la santé et devenir un hub en matière de santé numérique, étape essentielle vers une médecine digitale et personnalisée, centrée sur l’utilisation des données de santé. Le pays compte pour ce faire capitaliser sur ses infrastructures et expertises dans des domaines comme les télécommunications (par exemple pour la télémédecine) ou le numérique (IA et analyse des big data), et sur son écosystème dynamique de recherche dans le domaine de la santé et de la biomédecine (Integrated BioBankof Luxembourg/IBBL, Luxembourg Institute of Health/LIG, Luxembourg Centre for SystemsBiomedicine/LCSB de l’Université de Luxembourg…).

Le gouvernement luxembourgeois, qui a fait du secteur un élément clé de sa stratégie de diversification de l’économie nationale, ambitionne de faire du Grand-Duché une destination phare pour les capitaux et les talents liés aux technologies de la santé. Afin de convertir l’excellence scientifique du pays en innovation technologique et de stimuler la coopération entre chercheurs, entreprises et hôpitaux, des appels à projets de R&D sont lancés et des infrastructures mise à disposition. Après avoir inauguré en 2015 une « House of BioHealth » à Esch-sur-Alzette, incubateur réservé aux startups des secteurs biotech, ICT et clean tech, le Ministre de l’Economie a ainsi annoncé la création (également sous la forme d’un partenariat public-privé) d’un campus dédié aux technologies de la santé. Dénommé « Health And Life science Innovation (HE:AL) », ce campus est un accélérateur et un laboratoire vivant axé sur les technologies de la santé, combinant un campus physique et numérique, destiné à la croissance et au développement des start-ups et des entreprises matures dans le domaine des technologies de la santé. Le campus est conçu et construit de manière durable, afin de promouvoir le bien-être et un environnement sain.

Bien qu’encore jeune, le secteur HealthTech luxembourgeois est en plein essor et compte près de 140 entreprises, dont environ 30 % développent des outils de santé numériques.. La majorité de ces sociétés est active dans le domaine du diagnostic et des dispositifs médicaux, suivi du bio-pharma. Elles sont soutenues par le Luxembourg HealthTech Cluster.

Sources :